Toussa

« Une longue histoire se cache derrière le clip Toussa Toussa » nous confie Johann Dorlipo. L’occasion pour Clipperz de prendre connaissance de cette anecdote. C’est en effet après une longue péripétie qu’a pu être réalisé le montage du clip. Panne de voiture en plein hiver et au beau milieu de la nuit… un événement qui a finalement permis à Disiz et Johann de se rapprocher :

Pour tourner le clip, on est parti en Suisse avec deux voitures. Le dimanche soir sur le chemin du retour, vers une heure du matin, à hauteur de Dijon, une des deux voitures tombe en panne. Il faut garder à l’esprit qu’on a très peu dormi de tout le week-end, vu qu’on était parti le vendredi soir, pour arriver le samedi vers 8h en Suisse allemande.

On a enchaîné le tournage pour partir le dimanche soir dans la foulée. Et c’est là qu’on tombe en panne au milieu de nulle part. On ne pouvait pas tous rentrer dans une voiture, et on pensait que la panne était liée à un problème d’huile. Du coup Disiz nous a dit : « Bon les filles, montez dans la voiture avec Mourad (qui est son associé dans le label), on vous laisse aller chercher de l’huile à la prochaine station essence et vous revenez ». Le truc c’est qu’on était sur une autoroute… donc ils ont pris une sortie, sont allés à la station et pour ce faire, sont repassés devant nous, dans l’autre sens. Au final ils ont dû faire 150 km et environ 1H30 de trajet. Nous on attendait dans l’autre voiture avec Disiz et ses deux frères. Quand ils sont revenus, on a enfin pu mettre l’huile et tenter de repartir. Sauf qu’apparemment, la panne n’était pas du tout liée à l’huile.

Du coup on est tous monté dans l’autre caisse, à 9, c’était une voiture familiale. Une fois installés on a appelé la dépanneuse. Le mec nous annonce qu’il ne peut pas dépanner le véhicule en l’absence de son propriétaire. Vu qu’on était déjà loin on a dû faire demi tour. A ce moment-là, il devait être 4h du mat. Il faisait froid, très froid, c’était en février.

Une fois de retour sur le lieu de la panne, grand débat ! Qui reste avec qui ? Disiz n’avait pas le choix, c’était sa voiture. Parmi les autres tout le monde devait aller au boulot dans la matinée, sauf moi qui ne travaille pas le lundi. Donc après 5 min de débat inutile, j’ai dit à Sérigne que je restais avec lui. C’est comme ça qu’on s’est retrouvé à attendre un dépanneur sur l’autoroute au milieu de la nuit. Quand il est arrivé, on nous a fait venir un taxi et on a enfin pu rentrer à Paris.

De toutes ces péripéties, je me souviens d’une scène bien précise : j’étais assis par terre dans le garage et je me suis dit « Mais qu’est-ce-que je fous là ? Le gars je ne le connais pas ». Ça ne faisait que deux semaines que je travaillais avec lui. Pourtant on a fini par parler de manière personnelle, on s’est raconté nos vies. Nos conversations étaient beaucoup plus sérieuses que d’habitude. Je me souviens aussi que j’ai fini le clip au chaud dans le taxi.

Je pense que c’est en partie cette anecdote qui fait que je suis proche de Sérigne (Disiz) aujourd’hui. En seulement deux semaines on a été très solidaires. Je n’ai pas voulu faire bonne impression ou quoi. C’est juste que ça me faisait chier qu’il reste tout seul. Je pense que ça nous a énormément rapproché.