SJD est notre clipper du mois dont nous vous avons dressé le portrait lors d’un précédent article.  Connu pour avoir réalisé les clips du crew THE COOLEGE dont il fait parti, et ainsi qu’un bon nombre d’artistes issus de la scène urbaine Francophone, il est aujourd’hui le directeur artistique et réalisateur de la chanteuse Holybrune. C’est le clip Le monde est à nous qu’il à choisi de nous décrypter.

Comment as-tu été amené à réaliser un clip pour la chanteuse Holybrune ?

J’ai écouté plusieurs de ses sons et lorsque je suis tombé sur celui là, je ne sais pas comment l’expliquer mais j’ai directement eu des images dans la tête. Même si c’est un titre chanté j’avais de suite des images un peu voyou et ça sonnait Hip Hop. J’ai produit le clip tout seul, parce que j’avais envie et que je croyais en ce projet.

Peux-tu nous expliquer d’où t’es venue l’idée de créer une telle atmosphère pour ce clip ? Que voulais-tu faire ressentir ?

A la base je déteste écrire mes scénarios parce que j’ai souvent l’impression que ça me fait perdre au moins 80 % d’intensité. Je sais retranscrire des émotions par l’image mais pas par écrit. C’est plus compliqué pour moi.

Au niveau de mes références j’avais Spring Breaker, La Haine et aussi Cats Eye’s.

Dans ce clip, j’avais envie qu’elle risque sa vie tout en ayant un petit côté nonchalant. Donc en partant sur cette base on a développé un concept avec des braqueuses.

Il y a un rapport qui peut sembler ambigu entre les deux femmes, on ressent qu’il y a de l’amour entre elles, que ce soit fraternel, amical ou autre.

Elles jouent les rôles de braqueuses et à la fin du clip ça tourne mal, on entend des coups de feu mais on ne sait pas qui a été touché. J’ai fait exprès de laisser un peu de suspense, je n’avais pas envie de donner toutes les réponses au spectateur. Le but était vraiment de pousser les gens à se poser des questions.

Peux-tu nous dire comment s’est déroulé le tournage de ce clip ?

Ce qui m’a plu dans ce clip c’est qu’il y a eu un ensemble de choses qui ont fait que tout s’est bien passé. Au delà du fait que je sois le moteur du projet chaque personne a apporté son énergie.

Sur le tournage on était 4, sur certaines parties j’étais accompagné par le réalisateur Hugo Bembi, c’est quelqu’un qui a une très bonne sensibilité artistique. Il n’a pas hésité à apporter sa vision et c’était un vrai plus pour moi.

Je tiens à lui faire un shout-out car de nos jours, je trouve ça rare qu’un réalisateur accepte de s’associer à un autre durant un tournage. C’est un truc que je trouve cool.

J’ai souvent le sentiment qu’il y a une guerre des réalisateurs en France et que ça manque de connexions. Quand je vois ce qu’on a pu faire sur Le Monde Est à Nous ça me conforte dans l’idée qu’on peut faire des choses ensemble.

Pour moi on est comme des Marvels, bien sûr Spider-Man veut être plus fort que Wolverine mais lorsqu’il faut se battre contre un super méchant on unit nos forces. Tout comme Végéta et Sangoku, ils sont toujours en concurrence mais quand un méchant est trop puissant ils fusionnent. On peut chercher à être le meilleur et c’est normal mais c’est aussi important pour moi de chercher à s’améliorer en tant qu’être humain.

Pour revenir à la question du tournage, Meryl Flambert a su apporter sa touche au niveau du stylisme. Elle a réussi à leur donner ce côté provocante sans trop en faire. Je n’aurai jamais pu apporter cette crédibilité au niveau vestimentaire. Le stylisme est souvent négligé par les rappeurs dans leurs clips, c’est dommage car c’est un paramètre très important.

Quel matériel as-tu utilisé ?

Alors sur ce tournage on a utilisé 2 caméras. J’ai utilisé la Black Magic avec un stabilisateur Glidecam HD2000 que j’ai du renforcer par rapport au poids de ma caméra et Hugo Bembi avait son Panasonic GH4.