keezy 6

Credit photo : Banguipé

Johann Dorlipo est notre clipper du mois dont nous vous avons dressé le portrait lors d’un précédent article. Réalisateur de nombreux artistes français dont Pesoa, qui est présent sur la scène du rap français depuis quelques années déjà. Johann a réalisé deux de ses clips, Advena et Vivae. C’est ce dernier qu’il décrypte avec nous aujourd’hui.

« Parmi tous les clips que j’ai réalisé, ceux de Pesoa sont les plus profonds. Puis en bossant avec lui, j’ai pu me rendre compte qu’il n’avait pas un égo d’artiste, du genre à s’imposer et donner des ordres. Il m’a donné carte blanche ». La rencontre entre le clipper et le clippé s’est faite via Twitter « un peu comme un mec et une meuf qui se cherchent au début d’une relation » nous dit Johann en rigolant. « On se parlait avec beaucoup de retenue et pas mal de compliments et un jour on s’est dit qu’il fallait absolument qu’on bosse ensemble ». Ce qu’ils ont fait lors d’un premier tournage, celui d’Advena. Cela s’est répété avec le tournage de Vivae.

Lorsqu’il travaille sur un clip, Johann l’écoute en boucle afin de s’imprégner du son et de recevoir des images. A travers les paroles de Vivae, on se rend compte que le rappeur se parle à lui même. « Je voulais faire une sorte d’introspection. J’ai donc eu l’idée du dédoublement où il se parle à lui même ».

Pour le refrain l’idée lui est venue d’un coup : mettre en scène un faux enterrement. « Généralement mes idées me viennent comme ça, je n’ai pas nécessairement besoin d’un brainstorming. Je vais faire la vaisselle ou un truc du genre, l’idée me vient et je la note direct »

A propos du choix des lieux, le réalisateur avait en tête une maison délabrée pour l’introspection. En effet, les paroles tournent autour d’une remise en question, ce que Johann a essayé de symboliser dans le clip. « Le personnage se tue dans cette maison pour ensuite renaître, même si on ne voit jamais la renaissance. Il y a ce côté détruire pour reconstruire ».
Le lieu de l’enterrement ne devait pas être un cimetière basique, car cela reste de la fiction. « Il y a un côté clandestin dans tout ça. Tout est sous forme de métaphore, l’enterrement n’est pas réel, son assassinat non plus » nous explique Johann.

« La scène que je préfère c’est à la fin, on voit Pesoa en train se regarder en contre-plongée, juste avant qu’on le recouvre de drap. J’aime beaucoup ce plan parce que j’aime beaucoup l’expression de son visage dans ce plan. On se rend bien compte à quel point il est triste ».

Le tournage de Vivae s’est effectué en deux jours et deux endroits différents. Dans le 77 pour la maison et dans le parc de Vincennes pour le refrain. C’est en septembre dernier que le clip est sorti.

COTM_JDorlipo3_3