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Crédit photo : Vincent Macher

Cedric Richer est notre clipper du mois dont nous vous avons dressé le portrait lors d’un précédent article. Motion designer et réalisateur, il a pu travailler avec des artistes issus de la scène Hip hop Kréyol tel que Miki Debrouya.

Il a réalisé le dernier clip “ Bwè Fimé” de cet artiste Guadeloupéen. C’est ce dernier qu’il décrypte avec nous aujourd’hui.

Comment as-tu été amené à réaliser un clip pour le rappeur Miki Debrouya ?

Je suis Miki depuis “Ipop”, on a des connaissances communes et on s’est croisé ici et là depuis 2009.

Un jour je l’ai appelé en lui assurant qu’il fallait qu’il me confie la réalisation d’un de ses clips, il a été intéressé dès que je lui ai envoyé mon travail et depuis on a joué au chat et à la souris jusqu’à pouvoir bien synchroniser les agendas en décembre 2014 sur “Bwè é Fimé”.

Comment s’est déroulée la phase de préparation du tournage ? As-tu fait appel à du monde extérieur ou bien t’es-tu occupé de tout ? 

Je me suis personnellement occupé de la pré-prod (Note d’intention- storyboard- prospection d’espace de tournage- location de matériel…) Puis j’ai fait appel à mon chef opérateur fétiche, Vincent Macher (photographe de grand talent) pour donner vie à mon ambiance “polar”.

J’ai aussi fait appel à un model, Shanon Barro (qui est aussi photographe sous le nom Sha Pershé) et à une Make-Up Artist talentueuse, Salomé Ségur.

Quel matériel a-tu utilisé ?

Une Caméra Canon C300 avec 3 ou 4 optiques et 3 sources de lumière au service de la mise en scène.

Encore une fois tu as réalisé un clip en noir et blanc tel un ancien film. Qui a eu l’idée de ce type de clip, Debrouya ou toi ?

Miki m’a laissé carte blanche sur ce clip et a validé cette idée de manière enthousiaste. On a un peu la même sensibilité et des références communes.

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Crédit photo : Vincent Macher

Peux-tu nous expliquer d’où t’es venue l’idée de créer une telle atmosphère pour ce clip ? Que voulais tu faire ressentir ?

Je suis le premier à être fatigué de constater le trop peu de propositions originales autour des clips antillais. Étant un brin cinéphile j’ai cru bon de détourner une imagerie qu’on a pas l’habitude d’associer à nos artistes. Histoire de surprendre un peu le public.

La chanson est très lascive, et parle d’addictions sous couvert de relations amoureuses. Un soir où j’écoutais une énième fois le son, une image de Polar m’est venue en tête et en creusant un peu l’idée je l’ai trouvée originale, décalée mais pas si éloignée de l’univers de Miki donc assez cohérente.
Les polars de l’époque sont des films dans lesquels le héros est un mystère (complexe, sentimental, torturé) et il y a toujours cette femme dans l’ombre dont le regard est dévoilé par la lumière. Les 2 sont souvent fous amoureux mais jouent à “suis-moi, je te fuis / fuis-moi, je te suis”. Donc j’ai détourné cette esthétique un peu dépassée pour illustrer les couplets de Miki et créer un anachronisme intéressant par la même occasion. Le résultat est intriguant et très graphique.

Comment s’est déroulé le tournage de ce clip ?

Plus parfait tu peux pas :

– Le contact avec l’artiste était incroyablement naturel ;
– On avait peu de monde sur place mais bien assez pour être efficace ;
– On a tourné vite (le storyboard et le découpage de plans ça aide beaucoup) ;
– On était super bien organisé (catering, assistance, maquillage) ;
– On a réalisé un petit rêve commun.

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