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Aujourd’hui installé à Créteil, Karl Lerus alias « Neokay »  s’est d’abord fait un nom dans le milieu audiovisuel Guyanais. Ce monteur, truquiste de formation et réalisateur autodidacte est déterminé à se créer sa place dans la capitale. C’est  au studio Biwa situé dans la ville de Montreuil que nous avons pu échanger sur son parcours et en savoir plus sur sa vizion.

Quel est ton parcours ?

J’ai commencé à m’intéresser au métier de l’audiovisuel depuis le lycée. Je me  rappelle qu’avec un groupe d’amis nous avions créé une association avec laquelle nous réalisions des courts métrages. Nous étions 6 ou 7 personnes au départ, puis nous n’avons été que 3 à poursuivre dans cette voie. Après le lycée, je suis parti de la Guyane pour m’installer à Lyon afin de continuer mes études.

Etant membre d’un label nommé BIWA, j’ai pu réaliser des clips pour des artistes issus de la scène urbaine Antillo-Guyanaise en parallèle de ma formation.

Après l’obtention de mes diplômes en 2007, j’ai décidé de rentrer en Guyane où j’ai pu travailler avec des chaines de télévision locale telles que Guyane 1ère et des sociétés de production de la place.

En 2010 je suis devenu officiellement intermittent du spectacle en tant que monteur, truquiste. J’ai finalement décidé de venir m’installer en Île de France afin d’évoluer dans mes objectifs professionnels depuis le début de cette année.

Quelle formation as-tu suivi ?

J’ai d’abord réalisé une mise à niveau en art appliqués ( MANAA) puis une formation professionnelle de monteur/truquiste au STUDIO M à Lyon.

Selon toi dans le métier de l’image un autodidacte a-t-il autant sa place qu’une personne qui a une formation académique ?

Il faut que ton travail parle de lui-même. Si celui-ci est de qualité, que tu sois autodidacte ou pas tout est possible. Et puis nous sommes forcément un peu autodidacte parce que lorsque tu es passionné par quelque chose, tu n’attends pas de suivre une formation pour pouvoir apprendre.

Même si l’école peut donner de bonnes bases, si tu n’es pas passionné et curieux, tu n’évolueras pas. Il faudra forcément apprendre certaines choses par toi-même. Ce qui compte au final, c’est le portfolio.

Show réel 

Avec quelles entreprises ou organisations as-tu travaillé ?

J’ai principalement travaillé avec des sociétés de production telles que Bérénice production et Kanopé Film. Avec Bérénice production, je m’occupais de la réalisation, du tournage et du montage de leurs émissions sur les cultures urbaines « Dans la Vibe ». J’ai été monteur du programme court culturel « A KOUMAN »  qui a été produit par Kanopé film et réalisée par Olivier Sagne.

Cette aventure a duré 3 saisons durant lesquelles nous avons réalisé une centaine d’épisodes. En parallèle de mon activité pour ces sociétés, j’ai réalisé des clips pour des artistes issus des Antilles-Guyane tels que RHAMSIN , MICKIGE, MALI et biens d’autres.

 

Quels sont les rôles d’un monteur/ truquiste ?

Les rôles principaux d’un monteur sont le tri, la classification, le visionnage et l’assemblage des rushs fournis par le réalisateur. Il est chargé de retranscrire les idées du réalisateur afin de se rapprocher le plus possible de la vision de celui-ci, tout en sélectionnant les séquences qui lui semblent être les plus intéressantes.

Quelle est la relation entre un réalisateur et un monteur ?

Le monteur doit beaucoup dialoguer avec le réalisateur, autant avant le tournage qu’après. J’aime bien être présent lors du tournage car ça me permet d’avoir une meilleure idée de ce que le réalisateur cherche à retranscrire dans sa vidéo.

Lorsque les rushs vidéo te sont fournis comment opères-tu ?

Il y a plusieurs manières de fonctionner, cela peut varier selon le type de projet et le réalisateur avec qui je travaille. Tu peux travailler seul et donc proposer un rendu quelques jours après la remise des rushs; ce qui peut amener à peaufiner la vidéo avec le réalisateur si celui-ci le désire. Il peut également choisir d’être présent lors du montage et ainsi veiller à ce que le résultat final corresponde bien à ses attentes.

As-tu une certaine liberté dans tes choix ?

Il y a plusieurs types de réalisateurs. Il y  en a qui peuvent avoir une idée très précise de ce qu’ils souhaitent obtenir, mais il peut y en avoir qui n’ont pas d’idée précise et qui te laissent carte blanche au niveau du montage. Personnellement j’aime bien lorsque le réalisateur me laisse carte blanche car cela me permet de proposer quelque chose.

Le monteur est-il un simple technicien ?

Le monteur est un technicien mais il est également capable de proposer sa vision du projet. Je considère le montage comme quelque chose d’artistique mais bien sûr tout dépend du projet sur lequel il travaille.

Que ce soit du point de vue technique ou artistique, le montage d’un clip et d’une fiction ne demande pas la même implication. Le métier de monteur peut autant être technique qu’artistique.

Quelles sont ses qualités ?

Un monteur / truquiste doit avoir une bonne culture audiovisuelle et / ou cinématographique et être réactif. Il faut savoir expliquer ses idées et ses choix durant ou après le montage au réalisateur donc je dirais qu’il faut également être diplomate. (rires).

Quelles sont les contraintes de ce métier ?

Dans ce métier il faut aller vite, tout le monde veut son clip ou sa vidéo pour hier.

Quels sont les défis que tu rencontres dans ton métier ?

Il y a quelque choses qui m’arrive assez souvent, c’est lorsque le réalisateur amène un projet en expliquant qu’il n’a pas pu avoir toutes les images qu’il souhaitait et qu’il n’est pas très satisfait, mais qu’il aimerait savoir si j’arriverai tout de même à lui fournir quelque chose de bien. C’est le genre de défis que j’adore relever et pour l’instant je pense avoir réussi à le faire.

Tu es plutôt Final Cut Pro ou Adobe Premier ?

J’ai une préférence pour le logiciel Final Cut Pro X car c’est celui que j’utilise le plus. J’aime vraiment la manière dont il est organisé, mais j’ai également pu travailler avec Adobe Premier.

Quels sont tes projets et tes objectifs ?

En ce moment, je travaille en tant que monteur dans une boite de production. Mais mon objectif est vraiment de me faire ma place en tant que réalisateur sur Paris et de me perfectionner en étalonnage.

J’aimerais également réaliser autre chose que des clips et m’attaquer à la réalisation de documentaires et de courts métrages.